J’ai rencontré Louis au siège toulousain d’un grand quotidien régional, où nous faisions tous deux des aller-retour entre la rédaction locale et les éditions de banlieue. Pour ma part, j’y revenais après 10 années d’expatriation. Un retour à la case départ en quelque sorte – ma famille et les souvenirs d’une seconde vie en sus. Lui était en début de carrière. Malgré nos différences d’âge et de modes de vie, nous avons vite sympathisé. La commune précarité de nos situations professionnelles et des relents encore vivaces de post-adolescence mal digérée me mettaient plus dans le camp des jeunes précaires de la génération Y que dans celui des baby-boomer.
La principale raison de notre retour à Toulouse (en fait un retour pour moi, mais un saut dans l’inconnu pour mon épouse) était d’activer mon réseau professionnel afin de retrouver du travail rémunéré. J’avais bien évidemment d’autres attentes, mais on ne reprend pas sa vie sociale comme on l’a laissée dix ans auparavant. Alors que mes amis historiques se révélaient par la force des choses moins disponibles que je ne l’eus souhaité – mais ne l’étais-je pas moi-même également? – ce petit groupe de jeunes adultes fut pour moi une communauté de réintégration dans ce nouvel espace-temps.
C’est ainsi que, à travers Louis, j’ai fait connaissance du « château », à deux pas de la place de la Daurade. Cette colocation est un espace singulier autour duquel gravite une communauté amicale hétéroclite et bienveillante. Une grosses soirée costumée à thème drainant à chaque fois une centaine de jeunes fêtards y est organisée à peu près une fois par an. Il y a deux semaine, j’ai participé pour la deuxième fois à une de ces fêtes avec la ferme intention d’y faire le plein d’images…